Richebourg Patrimoine et Nature

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Commentaire historique sur Le Manoir de La Troche

Association « Richebourg Patrimoine et Nature »

 Troche Cassini

 

Troche cartepostale
Carte postale : Source Géanet
 
Troche chroniques

Légende :

L’ancien chemin de Paris pourrait être « l’itinéraire d’Antonin » reliant Paris à Dreux, crée au III° siècle afin de recenser les villes étapes de l’empire Romain; il passait près de la Villa Antique(pièce du Fient) et du Château de Richebourg.

Le chemin de la Troche n’accède plus à la ferme de la Troche depuis le contournement du village de Richebourg.

Le Moulin de Giboudet se situe après le moulin de Renonville, le long du Sausseron, au sud du territoire de Saulx-Richebourg.

 Troche googlemap

Carte :Source Wikipédia 

La commune s'appelait Saulx-et-Richebourg jusqu'en 1799. C’est en effet après la révolution que la commune prit définitivement le nom de Richebourg.

A l’époque des Seigneurs, Saulx-et-Richebourg avait sa propre justice, exercée par les officiers des seigneurs et dont les jugements étaient portés au baillage de Montfort : Jean de Sabrevois pour la seigneurie de Saulx et Richebourg et Amaury de Montfort pour la seigneurie de Mesnil-Opton, ces seigneurs faisant partie des 100 gentilhommes de la Maison du Roi.

Le Château de Richebourg est la propriété des seigneurs de Richebourg jusqu'au XVe siècle, puis passe dans les mains de diverses familles. La famille « De Richebourg » du XI° siècle au XIV° siècle avant de tomber dans la famille des Sabrevois de 1556 à 1585, puis dans la famille De Beaulieu.

 

Pour mémoire :

1585 : Famille De Beaulieu

1709 : Famille Le Tellier

1745 : Famille Cossé-Brissac

1831 : Amiral Anglais John DUFF

1845 : Famille Dufresne

1880 : Famille Hamel

1919 : Famille Vernes

 

MANOIR DE LA TROCHE : Origines

La seigneurie de la Troche était indépendante de celle de Richebourg. L'acte le plus ancien se rapportant à la Troche de Richebourg date de 1200.

Il concerne Guillaume de la Troche et son fils Pierre qui "du consentement de leur seigneur Simon de Neauphle, donnent au prieuré Saint-Georges de "Basainville" la dîme des essarts faits dans leurs bois".

Il est ensuite difficile de démêler si la Troche appartenait à des seigneurs laïcs ou aux moines de l'abbaye de Coulomb près de Nogent Le Roi.

Selon Raoul MOULIN, la ferme de la Troche était, avant la révolution, un Prieuré dépendant de l’Abbaye de Coulomb (Eure et Loire); Il semblerait que c'est à partir du XVIème siècle que les moines de Coulomb possédaient la Troche et qu’ils y ont fait construire la ferme fortifiée afin de se défendre des attaques des seigneurs de Richebourg.

En témoigne cet extrait : " ….En 1587, messire Bourdin, prieur de la Troche, en la paroisse de Saulx et Richebourg, comparaissait pour son fief à l'arrière ban du comté de Montfort…. "

On trouve ensuite un membre de la famille de Saint-Martin, seigneur de Torcy et de la Troche, puis en 1660, Olympe de Saint-Martin et Marie de Brosse, sa mère, vendent la Troche à la famille du Mancel.

Le registre du tabelionnage de Houdan renferme la mention, en 1669, de Samuel de Vernassac, chevalier, seigneur de Lesmarie et de la Troche, demeurant à la Troche.

Mais l'année suivante (1670), les religieuses de Notre-Dame de Houdan font hommage du fief de la Troche, acquis de Samuel de Vernassac, à Charles de Beaulieu, châtelain de Saulx-Richebourg.

En 1709, le fief a encore changé de mains puisque M. Le Tellier, seigneur de Saulx-Richebourg, s'intitule également seigneur de la Troche.

Peu avant la Révolution, en préparation de la réunion des Etats Généraux, les habitants de Richebourg rédigeaient leurs cahiers de doléances (vieux français) :

"Sa Majesté, il conviendray de faire contribuer aux impositions et charges publiques le Clergé et la Noblesse à raison de leurs propriétées sans distingtion de nom, rang et qualitée. Et pourquoy cets deux premiers ordres de l'Etat, qui jouissent des plus grands et magnifiques biens du Royaume, ne contriburoient-ils pas aux charges de l'Etat, pendant que le Tiers Etat, surchargé de sets pénibles travaux, sont encore les seuls surchargée d'impost ?"

M. Queval, l’actuel propriétaire, nous précise qu’à cette époque-là, les seigneurs allaient guerroyer à la demande du Roi et payaient l’impôt du sang.

La ferme de la Troche fut rattachée au village de Richebourg à partir du XVII° siècle à la demande des moines qui y résidaient, ceux-ci ayant un "différend" avec les moines installés au prieuré de Bazainville ; ces derniers avaient hérité le Moulin de Giboudet en 1064.

Après la Révolution de 1789, la Troche fut définitivement incluse dans la commune de Richebourg.

Les dernières informations sur les occupants nous sont fournies par M.Queval, actuel propriétaire du manoir, et les familles Vanhalst, exploitants agricoles à Guignonville et à Houdan :

"….La 1ére guerre mondiale de 14-18 a eu pour conséquence le dépeuplement des campagnes et beaucoup de fermes étaient exploitées tant bien que mal dû à l’absence du fermier ; c’est en 1927 que M. Rémy Vanhalst a commencé à cultiver la ferme de la Troche et ce jusqu’en 1977 ; à cette date la bâtisse fût acquise par un lord anglais alors que la famille Vanhalst continuait d’ exploiter les terres agricoles; à ce jour, c’est l’arrière-petit-fils de Rémy Vanhalst qui les cultive …"

C’est en 1986 que M.Queval acquit la propriété de La Troche qui a actuellement deux appellations : "ferme" ou "Manoir" ; M.Queval et ses enfants continuent à sauvegarder ce joyau de notre patrimoine ; nous leur sommes reconnaissants qu’ils aient offert de nous le faire partager.

 

La vocation de « maladrerie » au XII° et XIII° siècle :             

Suite aux croisades en Terre Sainte, destinées à venir en aide aux Chrétiens d'Orient (XIème siècle), beaucoup de maladies furent importées notamment la lèpre; à cette époque, il y a eu la création de l'Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem, mis sous la protection des Rois de France, afin d’apporter des soins aux militaires et aux seigneurs qui revenaient des combats ainsi qu’aux villageois ayant contracté la lèpre..

Selon la tradition "orale" une maladrerie aurait été fondée par les templiers au XIII° siècle.

Au 12° et 13° siècle, les maisons hospitalières, maladreries et léproseries, étaient gérées par les aumôneries royales puis la grande réforme des maladreries et des léproseries (décembre 1543) attribua aux baillis la surveillance des maisons de charité (sous le règne de François 1°).

C’est en 1556, (règne d’Henri II) que le comte de Montfort l’Amaury, dont dépendait Bazainville, installa une maladrerie au moulin de Giboudet et une léproserie au domaine de La Troche qui, au XVIème siècle avait déjà vocation de couvent, tenu, vraisemblablement par les religieuses de Notre-Dame de Houdan.

Il semblerait qu’une "maladrerie" ait bien existé, mais les archives se contredisent sur la date, le XIII° ou le XVI° siècle… à moins que ce fût le cas pendant toutes ces années puisque "les maisons de la Charité" étaient tenues par les religieuses.

Il est vrai que la grande salle du rez-de-chaussée a gardé le nom d'hôpital.

M. Queval précise que la grande salle a bien servi d’hôpital mais n’a recueilli que deux lépreux, hauts dignitaires de l’époque.

Commentaires:

1) Les "maisons hospitalières" accueillaient et soignaient les malades, les pèlerins, les passants….

2) Les "asiles pour lépreux" nommés les léproseries, lieux éloignés des bourgs, étaient des exploitations agricoles grevées d’une servitude charitable, dont certaines disposaient de chapelle.

 

Les cas de lèpre se raréfiant, les maladreries et léproseries devinrent des Maisons-Dieu (Hôtel-Dieu) dont les revenus étaient employés au soulagement des pauvres et des soldats estropiés.

Le Roi Louis XIV nomme M. Le Tellier, marquis de Louvois, "Vicaire Général de l'Ordre" (nomination équivalente au Ministre de l’assistance publique ou Ministre de la Santé). (en 1673)

Est-ce que M. Le Tellier, propriétaire de la seigneurie de Saulx-Richebourg de 1709 à 1745 est le même??

L’ histoire ne le dit pas …(voir liste des différents propriétaires)

Le Tellier créa cinq Grands-Prieurés à la tête de 120 Commanderies, réparties sur tout le territoire et leur attribua les biens et revenus des maisons hospitalières et des propriétés agricoles, grevées d’une servitude charitable.

 

A la fin de son règne, le roi Louis XIV a rendu aux propriétaires, les biens confisqués par M. Le Tellier.

 

Certains lieux de santé (maisons hospitalières) ont été fusionnés avec de plus grandes structures et d’autres sont redevenus des exploitations agricoles en perdant la servitude "de lieux de charité".

 

 

Patrimoine architectural :

La ferme fortifiée de la Troche est un bâtiment du XVIème siècle élevé sur des vestiges des XIIIème et XIVème siècles, car la plupart de ses bâtiments datent de la même époque que la construction du château de Richebourg.

Les bâtiments de la ferme forment un quadrilatère dont l'entrée se fait par une porte charretière et une porte piétonne percées dans un mur en damier de pierre et de brique.

Le bâtiment principal, de style Louis XIII, est un pavillon carré cantonné de deux tourelles en poivrière, l'une d'elles étant occupée par un escalier à vis. Il se compose de trois niveaux soulignés par un bandeau de brique et coiffés par un haut comble pyramidal. La salle principale du bâtiment porte encore aujourd'hui le nom d' "hôpital".

D’après M.Queval, la chapelle se situait dans une des tourelles et était plutôt un endroit de recueillement, vu sa petite superficie ; à ce jour, elle n’existe plus.

 

Le Manoir de la Troche a été classé au titre des Monuments historiques, par arrêté du 13 juillet 1926.

Le Manoir ou Ferme de La Troche est désormais une propriété privée qu'il n’est pas possible de visiter, mais on peut, en passant, observer sa fière silhouette, témoin d'un passé riche d'histoire….

Sources :

« Chroniques de Richebourg » - Jacqueline Gonthier.

Raoul Moulin : « Richebourg (ancienne paroisse de Saulx) 1978.

Archives et patrimoine mobilier des Yvelines (1899)

Archives de l’histoire de France (chapitre V)

Etude inédite de Lucien Brosse.

http://forteresses2009.canalblog.com

Beaunier (Dom A.), Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Archives de la France monastique, t. 1, province ecclésiastique de Paris, 1905.

Revue d'histoire de l'Église de France-1930 ; « Comment composer l'histoire d'un établissement hospitalier ».

Géanet.

Ce commentaire historique tire ces enseignements des différentes sources ci-dessus, mais nécessiterait des recherches plus approfondies, travail relevant d’historiens professionnels ; c’est pourquoi le conditionnel y est souvent employé…

N’hésitez pas à apporter des compléments d’informations à l’association « Richebourg Patrimoine et Nature » afin d’enrichir ce récit historique.